III
Mes mots comme des chiffres asociaux
Comme le vent en perles de miroir qui
Heurte ma joue. Comme le regard austère
D’un professeur de vers. Comme l’oiseau
Dans sa cage, le chat dans l’orage
D’une vie. À l’autre on dit :
Qu’avez-vous dit ? Qui ?
« Je ne comprends pas. »
Comme une mine plombée d’arsenic
Comme une orgie de délires soniques
Comme une lyre mal accordée
Comme un champ de mines et
De pas anonymes. De débris
De corps De sang De viscères
D’espaces noirs explosés.
Mes mots qui truffent
Ma peau hésitante d’entailles
Acérées. Serré contre mon oreiller,
Je tremble.
David
